La communication de crise s’est beaucoup développée ces dernières années. Toute entreprise se doit d’être prête à communiquer, avec la presse comme en interne, en cas de « coup dur ». Bizarrement, dans le même temps, la crise de l’emploi a touché de plein fouet et en premier lieu les postes de communication : une cascade de suppressions de postes en France. La logique voudrait pourtant que lorsque les choses vont mal, on multiplie les démarches de communication interne (expliquer, rassurer, motiver le personnel, animer les équipes, dénouer les conflits…) et externe (montrer ce qui va bien, expliquer et rassurer sur le reste : soigner son image). Il semblerait que les vieux réflexes ressurgissent au premier revers… : « pour vivre heureux, vivons cachés » !
Pourquoi la communication est-elle toujours la première touchée ?
Parce qu’il paraît que « ça coûte et ça ne rapporte rien ». Il est effectivement difficile de chiffrer les résultats de façon précise, de dire « combien ça va rapporter » et « quand » mais… - Tout le monde sait qu’une société qui communique bien améliore son image et gagne en notoriété... Les clients sont rassurés, les candidats cherchent à la rejoindre. D’où l’importance des relations presse (un métier qui ne s’improvise pas, sous peine de grosses « gaffes » ), du relationnel institutionnel, du sponsoring (pas forcément coûteux, lui non plus mais combien positif pour l’image !). - L’image interne, de son côté, fédère et motive les employés (sentiment d’appartenance), qui sont donc plus efficaces et moins absents. Sans oublier que cette même image interne se transforme via les employés en image externe… Quel est le meilleur vecteur d’image d’une société ? L’employé que l’on sent heureux d’y travailler, qui en parle avec fierté, qui défend « sa boîte ».
Combien ça coûte ?
Les actions prennent du temps, mais ne nécessitent pas forcément de grosses dépenses. Et elles « rapportent » sur tous les plans . Que représente le budget communication interne et institutionnelle face aux dépenses publicitaires ou aux réunions internes prestigieuses organisées dans des sites luxueux ? La plupart du temps, un poste salarié, un ordinateur, quelques dépenses d’édition…et beaucoup de système D !
2 exemples:
1) J’ai organisé une opération Téléthon pour mon entreprise, en m’appuyant uniquement sur des bénévoles, membres du personnel (hors temps de travail), et sur des sponsors. L’opération n’a rien coûté en dehors d’une partie de mon temps. Le bénéfice a été associé à un don de l’entreprise, ce qui a valorisé son image et renforcé sa crédibilité dans le domaine de la santé. Nous avons eu des retombées médiatiques (presse et TV locales). D’autre part, en interne, un énorme sentiment de fierté et d’appartenance s’est fait jour parmi les bénévoles. Cette opération a aussi permis au personnel de se découvrir sous un autre jour, de partager en dehors du contexte de travail et de la hiérarchie. Certaines sociétés dépensent de gros budgets en séminaires ludiques dans le même but…
2) L’agence de RP pour laquelle j’ai travaillé chiffrait les surfaces rédactionnelles de ses clients dans la presse comme s’il s’était agi de publicité pour démontrer le gain effectué. Que coûte un article d’une surface équivalente à une publicité dans tel ou tel magazine ? C’est gratuit et la visibilité est la même pour le client. Le bilan des parutions face à la facture d’honoraires parlait de lui-même. Quand on est passionné comme moi par son travail, que l’on sent vraiment son utilité humaine, il est difficile d’accepter que l’on sacrifie ce poste. Mais je ne désespère pas : la logique finit toujours par triompher !

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